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S’inspirer de la pédagogie Montessori pour faire classe

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LES LECTURES de RECREATISSE :

Voici un livre très intéressant qui correspond parfaitement à ma façon de « faire classe ». Beaucoup d’idées font écho aux miennes, d’autres vont me permettre de continuer à faire évoluer ma pédagogie et m’apportent des pistes de réflexion. C’est un ouvrage réconfortant pour  les enseignants qui essaient au quotidien de répondre avec précision et bienveillance aux besoins de tous leurs élèves. C’est une aide précieuse, une réflexion structurée, très documentée avec de nombreuses pistes pratiques.

Un ouvrage passionnant issu des questionnements et expérimentations d’une enseignante qui a souhaité s’inspirer de la pédagogie Montessori et de recherches récentes pour faire classe autrement en cycle 2.

L’auteure : Marie Gabriel est professeure des écoles et maitre formateur, elle est l’auteure du blog « Graines de livres ».

 

Avis sur la pédagogie Montessori :

Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et président du conseil scientifique de l’éducation nationale, estime que la méthode Montessori intègre des facteurs qui – les neurosciences l’ont prouvé – facilitent l’apprentissage : le fait d’être actif, d’apprendre en corrigeant ses propres erreurs, le rôle clé de la concentration, le caractère contre-productif des punitions, la nécessité de créer un climat serein dans la classe.

LACROIX Montessori, les raisons d’un succès ( le 30/01/2018)

 

La tendance Montessori dans l’école publique surfe également sur l’expérience de Céline Alvarez, cette jeune professeure des écoles à qui l’Education nationale a donné carte blanche, entre 2011 et 2014, pour appliquer une pédagogie innovante, s’appuyant sur les principes Montessori et des travaux de recherche en sciences cognitives.

L’EXPRESS Montessori : ces profs du public qui cassent les codes (le

 

Il y a parfois un beau filon commercial qui est exploité en périphérie : Matériel hors de prix vendu comme indispensable pour bien pratiquer la méthode mais que des petits malins vont nous apprendre à fabriquer nous-même dans des stages fort couteux. (remarquons au passage qu’on passe du mot pédagogie au mot méthode sans que cela ne gêne personne).

En Classe Pascale T’es pas Montessori ?

 

 

Jean-Michel Blanquer : « Diffuser l’esprit Montessori »

 

Ce que je pense :

La pédagogie Montessori passionne ou agace…

Depuis quelques temps, avec l’engouement médiatique elle a le vent en poupe. Un vrai business, du matériel cher,  quelquefois des dérives : peut être  même une sur- stimulation des très jeunes  enfants pour répondre aux exigences de la société au risque de négliger l’affectif et le repos voir l’ennui nécessaire au bon fonctionnement du cerveau. Des écoles ouvrent, progressivement les idées de Maria Montessori prennent de plus en plus de place au sein des écoles alternatives.

Il faut reconnaître que cette pédagogie active répond aux défis d’aujourd’hui : respect des étapes du développement de l’enfant, respect des besoins de bouger, de choisir et  de manipuler du matériel,  de s’exprimer, création chez l’enfant de sa propre dynamique d’apprentissage, évolution de la concentration et l’attention grâce à la motivation et au respect du rythme de chacun, auto-discipline, respect et entraide…

On en rêve tous mais …COMMENT ? La tâche semble immense, démesurée même !

Marie Gabriel apporte des réponses très concrètes  mais surtout par le partage de son expérience, elle donne toute sa place à l’enseignant. Tout est dans le titre « S’inspirer », le mot n’est pas choisit au hasard. Il s’agit bien de tirer son inspiration des travaux de Maria Montessori, emprunter des idées et les faire siennes. Ne pas suivre une méthode mais construire peu à peu la sienne. L’enseignant est placé comme l’enfant dans une situation d’expérimentation, de recherche, de création. Il se met en retrait, observe,  analyse, met toute son énergie dans ses préparations, améliore son matériel ou l’organisation de la classe, se trompe, recommence, apprend.

 

Personnellement, j’ai commencé cette démarche depuis quelques années et j’en suis très heureuse même si l’investissement est grand, l’enthousiasme des enfants est la plus belle récompense. C’est pour cela que j’apprécie cet ouvrage, il me redonne du courage !

Cette marge de liberté est passionnante, c’est une ouverture à explorer même si le cadre traditionnel est plus rassurant. J’accorde une place importante aux rituels en français comme en maths sous la forme de petits jeux à l’oral ou sur l’ardoise, de diaporamas d’apprentissage. Les élèves sont alors regroupés : assis sur le sol,  côté jardin ou sur leur chaise côté ruche. Une grande partie de la journée est consacrée aux ateliers autonomes avec choix de l’activité (manipulations, jeux ou plans de travail). Régulièrement, je propose des synthèses avec une trace écrite. Nous terminons la journée comme chez Marie par le conseil et « ce que j’ai aimé aujourd’hui ».

Affiches de mon organisation :

 

 

Mais revenons à l’ouvrage…

Après une introduction et quelques pages sur « Qui était Maria Montessori », l’auteure pose et répond à plusieurs questions. Chaque chapitre se termine par la partie « Et dans la classe ? » avec des adaptations pratiques très bien décrites. J’aime beaucoup la métaphore du jardin et des graines, d’abord pour le côté naturaliste qui me convient bien  et parce que cela sous-entend le besoin de prendre du temps  et le fait que chaque graine est unique et se développe à sa manière.

Les questions :

Les causes – Pourquoi chercher d’autres pratiques ?

Le climat – Comment mettre en place une ambiance optimale ?

Les modèles – Comment les enfants apprennent-ils ?

L’organisation – Comment mettre en oeuvre ces principes de classe ?

Il y a ensuite 3 chapitres portant plus spécifiquement sur l’étude de la langue, les mathématiques, les autres domaines avec une présentation du matériel utilisé.

J’ai beaucoup aimé le chapitre sur l’auto-discipline, celui sur la place et le rôle de l’enseignant et le climat de classe.

Travailler ainsi en suivant une philosophie de l’éducation autant qu’une pédagogie, c’est affirmer certaines valeurs. Enseigner n’est pas un métier neutre. C’est souvent un choix déterminé, sous-tendu par des valeurs fondamentales qui nous portent en tant qu’individus.

Maria Montessori nous propose aussi une vision de l’éducation, de l’enfant et de l’Humanité. Elle nous invite à accueillir chaque enfant comme il est, dans son individualité. Elle voit en lui le futur adulte qu’il s’agit d’éduquer à la paix, elle met en lui son espoir de faire changer la société. Elle nous invite à faire de nos classe des lieux d’apprentissage de la coopération, de l’entraide et de la confiance.

Marie Gabriel

 

Visuel, quelques pages :

 

Je dis merci à Marie pour le partage de son travail et je vous invite à lire son livre. Au quotidien, son expérience va désormais accompagner la mienne …

Et dans votre classe ?…

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4 commentaires

  1. grainesdelivres

    Bonjour Récréatisse… Merci beaucoup pour cette lecture documentée et enrichie de sources que je ne connaissais pas… C’est vrai que la meilleure méthode est celle que l’on arrive à bâtir patiemment, mais avec suffisamment de recul pour analyser, comprendre et évoluer ! Merci de tous ces partages éclairés !

    • ReCreatisse

      Bravo pour ton courage à aller jusqu’au bout du projet, je pense que cela n’a pas été facile tous les jours…Grâce à toi, les petites graines de Maria Montessori vont poursuivre leur croissance et se diversifier dans nos jardins.

  2. isa57

    Merci pour ce retour. Je pense qu’il fera parti de mes lectures d’été. Un autre livre devrait sortir le 15 mai « Montessori à l’école élémentaire du cp au cm à l’école publique » de stéphanie Marchand.
    Merci pour tous tes partages.